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décembre 2019

Êtes-vous un bot ?

Pierre n’a pas pu rentrer son bagage dans le coffre car il était trop grand

Si vous ne savez pas comment « comprendre » cette phrase, vous êtes probablement un bot.

 

Comment savoir si votre interlocuteur est un bot ?

Les intelligences artificielles sont de plus en plus performantes, et il est parfois délicat de savoir si on s’adresse à une personne physique ou une IA. Il est compliqué de placer au cours de la discussion une question du type « êtes-vous réelle » ou « seriez-vous un bot ? »

Il existe pourtant une méthode pour détecter cela, nommé les schémas winograd.
Pour comprendre ce dont il s’agit, il va falloir remonter en 1950, avec Alan Turing, et son « test ».

 

Le test de Turing en bref

Sans revenir sur la vie d’Alan Turing, il fut un des pionniers dans le développement de l’intelligence artificielle et mit en place un test qui permettait d’évaluer la capacité d’une IA à se faire passer pour « humain ». Ce test qui porte son nom consiste en le protocole suivant : un juge humain analyse la discussion entre un autre humain et une machine (sans les voir). Si au bout de 5 minutes il n’a pu déceler lequel était la machine, cette IA passe le test.

Bien que soumis aux critiques, le test de Turing devient la référence. Il est passé pour la première fois en 1966 par une IA nommé ELIZA, qui analyse les mots clés des phrases de son interlocuteur pour construire des réponses cohérentes. Ce sont les principes des chatbots actuels encore utilisés sur internet de nos jours.
Mais les IA se développent toujours d’avantage (sans parler du deep learning), et pour beaucoup le test de Turing n’est plus suffisant. En 1991, lors de la première édition du Prix Loebner, qui récompense les avancées dans le domaine de l’intelligence artificielle, de nombreux débats concluent sur les limites du test de Turing, trompé par des IA capables notamment d’inclure des fautes de frappes ou des bugs, bref simulant la faillibilité de l’humain.

Pour conclure cette partie, rappelons que le test de Turing avait une visée autant technique que philosophique, qui posait la question de savoir si une machine était capable de penser (questions qui travaillaient déjà Diderot ou Descartes des années plus tôt – sans même pouvoir matérialiser les progrès de ce qu’ils nommaient à leurs époques des « automates »)

 

Les schémas Winograd

Revenons désormais aux schémas Winograd. Le point de départ est une compétition annuelle visant à tester la capacité d’une intelligence artificielle à se faire passer pour un humain. Ce concours offre en récompense 25000$ au programme capable de passer son test.

Il consiste en une simple question à laquelle la machine ne peut répondre, de part l’ambiguïté de la phrase.

Par exemple ;  Pierre n’a pas pu rentrer son bagage dans le coffre car il était trop grand. Qu’est ce qui est trop grand ?

Là ou un esprit humain saura analyser la phrase de manière évidente, une machine ne pourra déduire ce qui est trop grand, le bagage ou le coffre.
La phrase ne précise pas qui va dans quoi, notre logique nous le dicte, mais la machine n’a jamais fait rentrer de bagage dans un coffre (ni l’inverse) et ne pourra raisonner et déduire la réponse, de par la grammaire incertaine de la phrase.

Cette phrase est un exemple de ce que l’on nomme les schéma Winograd, des phrases ambiguës, que le raisonnement logique ne suffit pas à démêler. Et des IA capables de résoudre des calculs mathématiques complexes, apprendre à parler, écrire, peindre ou composer de la musique, restent encore hermétiques à ce type de formule

Il existe d’ailleurs une  adresse ou vous pouvez soumettre votre propre phrase et tenter de remporter les 25000$ de récompense (http://commonsensereasoning.org/winograd.html)

 

Pour aller plus loin, quelques articles enrichissants :

Une étude comportementale sur les schéma Winograd sur l’Université paris Diderot

http://www.llf.cnrs.fr/sites/llf.cnrs.fr/files/biblio/actes_TALN_2017-vol2-1.pdf

 

Un exemple de machine intelligente (datant de 2011) avec un ordinateur IBM « presque » intelligent

https://www.01net.com/actualites/watson-la-machine-d-ibm-lemporte-sur-les-humains-maj-528437.html

 

Conseils et analyse pour concevoir ses propres schémas Winograd (en anglais) : https://medium.com/ai%C2%B3-theory-practice-business/want-to-know-the-trick-to-achieve-robust-winograd-schema-challenge-results-4569a3bbd

 

Article sur l’IA d’Alphago Zero, l’intelligence artificiel qui a surpassé l’humain dans le jeu qui lui est le plus délicat, le jeu de go (via l’IA Deepmind de google)

https://www.lci.fr/high-tech/le-super-ordinateur-alphago-tombeur-du-champion-du-monde-du-jeu-de-go-a-son-tour-terrasse-2067790.html

 

Liebig vous fait manger vos tweets.

Dans le prolongement de son spot télé, où la marque affirme que les retours des consommateurs l’ont aidé à revoir ses recettes pour plus de naturel, Liebig déploie une campagne sur les réseaux sociaux et visant plus spécialement twitter, baptisée « Eat your tweets ».

Le principe est simple, Liebig a sélectionné des tweets de clients peu satisfaits, les a « converti » en pâtes alphabet, et les a envoyés à leurs détracteurs accompagnés d’une de leur « nouvelle » soupe.

L’objectif étant concrètement de faire « manger leur tweet » aux mécontents et les faire changer d’avis sur la marque, tout en plaçant la marque sur un positionnement « à l’écoute » du consommateur, avec une capacité d’autodérision et de recul sur ses produits.

La campagne est plutôt intéressante et bien réalisée. Le spot télé est diffusé depuis plusieurs jours et a pu faire son ouvrage, que la campagne web vient achever. Reste que les commentaires sous le tweet de Liebig sont toujours peu flatteurs, oscillant entre les accros aux soupes maison, et les plus dubitatifs qui voient cette campagne comme un aveux sur le peu de naturel des soupes « d’avant ».

Une petite vidéo pour présenter la campagne

novembre 2019

La réalité virtuelle pour augmenter la production des vaches

Dans la suite de tests réalisés en Ecosse et aux Pays-Bas, le ministère de l’agriculture russe a décidé d’équiper un troupeau de vaches de casques de réalité virtuelle.

Si l’idée semble farfelue, les résultats paraissent convaincants. L’objectif est de diffuser aux animaux équipés des images de pâturages d’été (tout en prenant en compte la vision de l’animal, qui ne perçoit pas les mêmes couleurs ni la même luminosité que les humains), afin de les apaiser et ainsi augmenter la quantité et la qualité de la production.

L’ensemble du troupeau ainsi équipé semble avoir été réceptif à ce bien-être virtuel, tout comme à des tests sonores consistant à diffuser de la musique classique aux abords du pâturage (avec le même impact sur la production que le champs en 3D projetés sur le casque VR).

Au-delà de l’innovation, dont le but initial est de réduire le stress de l’animal, se pose de nombreuses questions morales ou éthiques. Ce test devrait se prolonger pour aboutir à une étude plus approfondie, afin de voir si plonger le bétail dans un bonheur de synthèse est promis à un certain avenir, ou si il terminera dans un placard (comme un test similaire mené en 2014 sur des casques de VR pour poulet : https://www.telegraph.co.uk/technology/news/10835849/Virtual-reality-for-chickens-fair-or-fowl.html)

Cela nous laisse le temps de relire quelques nouvelles de Philip K. Dick ou revoir le film Matrix.

Super U teste des créneaux sans bruits pour ses clients autistes

Dès le 2 décembre, l’enseigne Super U devrait mettre en place dans l’ensemble de ses magasins de France un créneaux de deux heures durant lesquelles la musique sera coupée et les lumières baissées, ainsi que la limitation des bruits d’encaissement, afin de créer une ambiance plus apaisante pour la clientèle atteint de troubles autistiques.
Ce dispositif appelé « heures calmes » qui sera mis en place chaque mardi entre 13h30 et 15h30 est en expérimentation depuis plusieurs mois et à reçu un plébiscite de la part des clients.

Cette initiative est née de la volonté de l’association « Espoir pour mon futur », elle répond aux besoins d’une pathologie qui touche 700 000 personnes en France et permettra aux personnes hypersensibles au bruit et à la lumière de faire leurs courses dans un espace adapté à leurs symptômes.

Le mouvement avait déjà été initié dans d’autres pays, comme la Nouvelle-Zélande en avril 2018 ou la Grande Bretagne (dans les supermarchés Morrissons) en juillet de la même année.

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Le Snickersgate : un simple canular publicitaire

Tout à débuté il y a quelques jours, lorsque des internautes se sont plaint, notamment sur Twitter, de trouver des Bounty (la fameuse barre à la noix de coco) dans leur emballage de Snickers.

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Au fils des heures, les cas et témoignages se sont multipliés, propulsant le hashtag #snickersgate dans les tendances twitter durant une longue période.

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Tous les twittos y allaient de leur bon mot, décochant une remarque piquante envers la marque décidément bien négligente.
Du moins jusqu’à ce que le pot aux roses soit découvert. Il ne s’agissait d’une erreur de fabrication ou d’emballage, mais bien d’une campagne de communication orchestrée par CLM BBDO, autour d’une idée originale (et à peu de frais) pour valoriser le slogan de la marque, « t’es pas toi quand t’as faim »

Ici la baseline de Snickers (depuis 10 ans) est devenu « on n’est pas nous quand on a faim », jouant sur les effets secondaires de la faim des équipes de la marque.
Un joli coup de pub autour d’une idée sympathique, qui a su jouer des réseaux sociaux intelligemment et sans méchanceté ou condescendance.

Une petite vidé pour expliquer cela

Le nouveau logo de Warner Bros

Aujourd’hui découvrons le nouveau logo de Warner Bros. Evolution intelligente de l’ancien, pour inscrire l’identité dans un graphisme plus moderne, avec une touche de « nombre d’or », sans rien dénaturer de la reconnaissance de la marque.

Plus d’info et d’exemples de déclinaisons sur le lien : https://lnkd.in/enT6w9p

Le Crunch du jeu vidéo au cinéma

Hier sortait la bande annonce d’un film qui avait déjà fait parler de lui (en mal), l’adaptation du jeu vidéo Sonic.
Cette nouvelle B.A. présentait une animation corrigée, suite au soulèvement des fans face au design plus que discutable de leur héros. Cela est l’occasion de mettre en avant un phénomène fréquent d’ordinaire propre aux jeux vidéo, le « crunch ».
Cette pratique qui avait été fortement dénoncée lors de la sortie du dernier blockbuster du studio RockStar Games (Red Dead Redemption) pousse les employés à travailler jusqu’à épuisement sans contrepartie, technique rude est fréquente dans de nombreux studios de toutes tailles.
Pour le cas du film Sonic, la grogne des fans avait fait craindre un syndrome similaire, la plupart des scènes animées étant bouclées, et donc à recréer avec le nouveau design (créant de fait une surcharge de travail pour les animateurs). Le réalisateur du film et le studio avaient alors eu le courage de décaler la date de sortie du film, de leur propre aveu pour éviter de mettre les équipes sous pression.
Les questions qui subsisteront sont alors la qualité (et la pertinence) du film, son flirt avec l’uncanny valley, ainsi que la place des fans dans la production d’un tel projet.
Plus d’infos sur le crunch : https://cutt.ly/deAx5KS

Facebook ou FACEBOOK ?

Hier l’entreprise de Mark Zuckerberg a dévoilée une nouvelle identité et un nouveau logo pour le groupe Facebook (qui gère entre autres Oculus, Instagram, WhatsApp…). L’occasion de changer d’image après les récents scandales et de bien marquer la différence entre la marque et le réseau social du même nom (dont le logo reste inchangé), cette évolution aura surtout permis aux internautes de se moquer de cette transformation (sur le fond et sur la forme). Entre un design assez simple (voir simpliste) et l’usage des capitales d’ordinaire privilégiées sur les réseaux pour donner l’impression de « crier », la nouvelle identité est loin de faire l’unanimité. A voir si ce contre-feu peut suffire à faire détourner le regard du public des problèmes politiques autour du groupe FACEBOOK.

Un nouveau logo pour le navigateur Edge

Après la suite office, Microsoft continue de transformer l’identité de ses softwares. Au tour du navigateur Edge, avec plus de discrétion. Depuis son lancement en 2015, le successeur d’Internet Explorer n’avait encore jamais vraiment eu de logo « unique », affichant jusqu’alors un redesign du E de son prédécesseur. Désormais voici une nouvelle identité, toujours autour de la lettre E, mais désormais plus fluide, une vague pour « surfer sur le web ». Un changement dans la douceur et sans trop de saveurs, pour le navigateur de Microsoft, en chute libre depuis 10 ans.

Stéréotypes et sexisme au (Petit) Quotidien.

La semaine dernière a eu lieu une « première mondiale », la sortie de femmes « seules » dans l’espace. Il pourrait être utile de débattre du traitement de cette info (rarement sont mentionnés leurs noms, justes « des femmes ») ou la pertinence des faits (pensées pour Valentina Terechkova, qui en 1963 effectuait seule un voyage dans l’espace).
Pointons ici un problème précis, celui du sexisme et des stéréotypes dans la société à travers les médias via le dessin de presse. Pour cela, nous allons mettre en comparaison deux dessins, l’un issue du magazine Le Petit Quotidien et une illustration de Soulcié dans Télérama. La première, comme 95% des illustrations parues, joue sur les clichés, la place des femmes, leur frivolité… et rabaisse l’actu pour en faire une blague potache (dans un quotidien qui vise à éduquer les enfants) La seconde profite de cette même actu pour appuyer sur la charge mentale qui pèse en permanence sur les femme, au sein d’une société écrasante qui les veut à la fois femme libre, mère, épouse, objet de désir… Et cette illustration est la preuve qu’avec un peu de travail, ceux qui ont opté pour la facilité auraient pu avoir un sujet actuel pour dénoncer le patriarcat plutôt que le réduire à un humour franchouillard.